Peut-on regarder l’avenir des carburants par le prisme de l’eau ?

Les liens eau-énergie se développent, s’étendent, se complexifient. Les usages de l’eau sont connus, et sa répartition à l’échelle du globe est inégale en quantité et surtout en qualité.

 

La France dispose environ de 2000 milliards de m3 d’eau en stock (nappes souterraines) et, chaque année, ce sont 33,5 milliards de m3 qui sont prélevés dans cette ressource (soit environ 1,6%) : 6 milliards pour l’eau potable (soit moins de 20% des prélèvements), 3,6 milliards pour l’industrie, 4,8 pour l’irrigation et 19,1 pour l’énergie. Une répartition qui varie selon les paysages économiques : prédominance de l’industrie pour certains, de l’agriculture pour d’autres, les usages de l’eau ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre (source ici).

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Eau

De l’eau pour produire plus de carburant fossile, à partir de sources de plus en plus éloignées des produits finaux en terme de composés chimiques, et de caractéristiques physico-chimique. C’est le cas des sables bitumineux du Canada (voir ici). Ce dernier demande entre 2 et 4 m3 d’eau par m3 de pétrole dont 0.2 m3 d’eau « neuve ».

 

De l’eau pour produire plus de biocarburants, de première, seconde voire troisième génération. Le cahier du Clip N°19 (eau et biocarburants 2030) nous apporte quelques informations, « en acceptant certes une sensible diminution de la production totale, on peut faire le choix de développer des systèmes de culture limitant drastiquement les impacts sur le milieu aquatique ». Quatre scénarios sont étudiés en terme d’impact sur les besoins en eau à l’horizon 2030 :

· S1A : 5 Mtep de biocarburants liquides de 1ère génération

· S1B : 5 Mtep de biocarburants liquides et gazeux de 1ère génération

· S2 : 20 Mtep de biocarburants de 2ème génération

· S3 : 14 Mtep de biocarburants de 2ème génération avec protection des ressources en eau.

La 3ème génération de biocarburant (micro ou macroalgues) n’est pas incluse dans cette étude du Clip, et peu d’information existe à ce jour.

 

De l’énergie pour produire de l’eau. D’autres pays utilisent des millions de baril de brut par an pour produire de l’eau potable. L’utilisation d’énergies renouvelables, comme l’exemple d’IBM, deviendra essentiel.

 

L’eau est donc au centre de nos défis. La dernière conférence mondiale sur l’eau a d’ailleurs abordé en même temps « eau et énergie », « eau et alimentaire », concluant à « More integrated policies and a further focus on multi-functional uses of water are needed to address the increasing competition for water from the agriculture and energy sectors. Speakers emphasized that the inter-linkage between water, food and energy could be turned into a win-win situation, rather than a competitive one.”

Le développement d’indicateur, par produit et service, de la consommation en eau permettra de compléter les indicateurs énergie, CO2 en cours d’élaboration, pour développer des indicateurs multicritères. Cette conférence a également abordé ce sujet : “This could help at a global level in establishing greater common ground on water footprinting data. Given the complex institutional environment, a significant challenge is how to simplify issues—and communicate them effectively—so that they are comprehensible and manageable for policy makers and resource users. It was recom­mended that the Council establish a core group to take this forward, but also to work at lower levels on synthesizing and communicating data and analysis on water, food and energy systems.”

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