Première bataille visible dans la mutation en cours de l’écosystème Mobilité

Dans un article paru dans les Echos, Le syndicat de loueur Ulpro (Ada, Europcar, France Cars) veut obtenir l'annulation par la justice du contrat Autolib', accusé de concurrence déloyale.

Dans la bataille pour la mobilité urbaine, les loueurs traditionnels de voitures voient d'un mauvais oeil la concurrence d'Autolib'. Le syndicat professionnel Ulpro -Union des loueurs professionnels, où l'on retrouve notamment Ada, Europcar et France Cars -a décidé de porter l'affaire en justice. Le but : obtenir l'annulation de l'appel d'offres de la Mairie de Paris, qui a attribué au groupe Bolloré le marché de location de voitures électriques en libre service. L'Ulpro doit déposer début mai un premier argumentaire devant le tribunal administratif et devrait concentrer ses attaques sur certaines failles supposées du contrat de délégation de service public.

A l'origine, Ada faisait pourtant partie des quatre prétendants sélectionnés pour concourir, aux côtés de Bolloré, du consortium Vinci-SNCF-RATP et du groupement mené par Veolia Transports. « Mais Autolib' est devenu un problème, car deux éléments ont changé fondamentalement le projet initial », explique Nicolas Rousselet, le PDG de Groupe G7, dont Ada est une filiale. Le dirigeant pointe tout d'abord le fait que « le gagnant mette 800 agents d'accueil. C'était censé être du libre-service, mais ça ressemble furieusement à un réseau de location de voitures de courte durée ».

Par ailleurs, les loueurs dénoncent le fait que le groupe Bolloré ait obtenu « 50 millions d'euros d'aides de la Mairie de Paris, 130 millions d'euros de la Banque européenne d'investissement et 70 millions des collectivités franciliennes pour son véhicule électrique. Forcément, il est plus facile de couvrir les pertes occasionnées par le service Autolib' », souligne Nicolas Rousselet. Tous ces éléments font dire aux loueurs traditionnels qu'Autolib' « est un service public qui va se substituer à un service déjà fourni sans subventions par des opérateurs privés », ce qui les amène à parler de « concurrence déloyale », selon le patron de Groupe G7.

Le dirigeant en veut notamment pour preuve le faible prix payé par Autolib' pour garer ses voitures sur la chaussée publique (750 euros par an et par place), « alors que le stationnement des véhicules de location traditionnels est durement sanctionné en centre-ville ».

Cette première bataille de différents acteurs montre le chemin à parcourir. Les différents acteurs en place doivent "bouger", prendre d'autres places stratégiques, tout en se protégeant, et en partageant des données, objets et services pour aller vers des solutions multimodales. Cette situation, à priori paradoxale, dans laquelle il faut, à la fois, partager des données et se protéger, peut conduire voir apparaître des aggrégateurs qui seront capables de recréer les données manquantes, d'obliger, parce qu'ils auront une position centrale, les fournisseurs de service "unitaire" à collaborer.

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Une réflexion au sujet de « Première bataille visible dans la mutation en cours de l’écosystème Mobilité »

  1. A Facebook User

    ah ah, mais tout cela est très intéressant… Pendant que les « gros » se battent, les petits avancent :-)…
    Tout cela ne va bien arranger le marché de la location de voitures entres particuliers ! ainsi que les autres services à valeur ajouté…
    Affaire à suivre !

    Répondre

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