Archives mensuelles : juin 2012

Quelle(s) fiscalité(s) des carburants et de nos mobilités ?

Ce sujet d'actualité doit être traité par une approche multidomaine : bien sûr économique, mais également environnementale par les externalités (le guide européen), sociale et technologiques. Un article du Monde rédigé par trois professeurs de l'ESG-MS indique 3 propositions : modifier les écarts de fiscalités essence/gazole, avoir une fiscalité progressive en fonction du véhicule et de son usage, et enfin transférer des taxes vers les producteurs.

Plusieurs articles ont traités de ce sujet sur ce blog, notamment la notion de limite acceptable socialement du prix du carburant à la pompe. Il devient techniquement possible de transférer des taxes portés par le liquide vers la mobilité réalisée, et d'inclure de nombreuses possibilités pour moduler les taxes en fonction de "nouveaux" paramètres. Cette piste, la seconde de l'article du Monde, mérite une attention particulière, de nombreux travaux d'expérimentation sur ce sujet ont lieu notamment aux USA, et au niveau Recherche en France, notamment à l'IFSTTAR.

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Web prédictif portable = puissant APM versus Schumpeter

Yann Le Tilly (TransID) nous informe d"une nouvelle fonction du système Android : Google Now, permettant notamment de faciliter la multimodalité, d'anticiper les bouchons, de trouver un service. Pour cela, Google utilise sa panoplie d'outils existants et les rassemble en intégrant du web prédictif. Le film ci dessous présente le service. Google poursuit ses développements pour jouer un rôle majeur dans nos mobilités. Quelles conséquences et propositions pour les acteurs historiques ?

Toujours plus vite

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Organiser des crash tests énergétiques dans les territoires

Le Centre d'Analyse Stratégique, dans son rapport sur les mobilités dans les territoires périubains et ruraux, décrivait un scénario noir possible dès 2015 : le risque de l'inaction.

-        une proportion élevée de ménages résidant dans les territoires à faible densité ne pourrait plus faire face à l’augmentation brutale des dépenses obligatoires d’habitat et de transport liée aux coûts de l’énergie ; 

-        les prix immobiliers s’effondrent dans les zones périurbaines et rurales éloignées des emplois et des services ;

-        les services – publics et privés – se replient vers les villes et centres denses, afin de garder une clientèle suffisante ;

-        les « nouveaux pauvres » (classes moyennes inférieures), chassés des villes denses par la hausse des prix immobiliers se réfugient dans ces espaces délaissés où ils vivent à moindres coûts, à l’écart des services quotidiens assurés dans les territoires denses ;

-        le Gouvernement arrête un projet national de traitement social des territoires périurbains et ruraux (personnes âgées isolées, familles en difficultés…), à l’instar de celui engagé dans les années 80 dans les zones sensibles.

François Bellanger (Transit City) nous propose dans un article récent le tableau actuel de cette mutation urbaine qui a lieu aux USA (voir graphique en bas d'article). L'enchaînement de trois facteurs combinés explique ces changements profonds : pauvreté, déclin de l'attrait et de l'usage de l'automobile et montée démographique de la Génération Y. Ces trois paramètres, auxquels s'ajoutent les opportunités/risques offerts par le numérique pour que d'autres acteurs bousculent le système, nous amènent vers le point de basculement (voir un précédent article sur ce sujet #tippingpoint) : Ce moment singulier qui conduit à un changement d'état irreversible.

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Et si Citroën inventait avec la nouvelle version de Multicity une brique majeure des Transports du Futur ?

Multicity a été lancé depuis quelques années en proposant dès le départ des solutions multimodales de transports et notamment un assistant numérique permettant d'avoir des informations (temps, coût) pour relier deux points. Multicity permet également d'acheter les titres de transports directement, concurrençant d'une certaine façon Voyage SNCF. 

Le dernier service qui s'intègre à cette palette est particulièrement innovant car il couple plusieurs approches : la location d'un VE (C-zéro) et le partage entre particuliers. Les 2 briques existaient, mais la fusion des 2 présente une synergie et permet de présenter un prix de location de 90 euro/mois.

Ce tarif abaisse une barrière de diffusion du VE en pariant sur le partage. Et c'est précisement là que se situe l'innovation couplée les intérêts individuels (accéder à un VE) et les intérêts collectifs (d'autres personnes pourront l'utiliser). Cette approche double niveau va également s'étendre : comme je peux accéder à un VE sans en posséder un, je retarde ma décision d'achat (voir je l'annule) et j'améliore mes pratiques multimodales – quand je voyage je réplique mes pratiques quotidiennes et imagine plus facilement louer un VE à un particulier à la suite du train – etc …

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Dans le monde de la rareté, le partage d’un véhicule ne sera plus une option

Covoiturage.fr / Blablacar nous fournit quelques précieuses données permettant de quantifier les flux de personnes et de véhicules réalisés grâce au covoiturage, au partage de siège libre en circulation. Les résultats sont là : l'équivalent de 800 TGV par mois, 5 milliards de voy.km transportés sur 8 ans, 1 million de siège libre disponible actuellement …

Mené par des considérations à la fois égoïste (contraintes budgétaires) et altruiste (image de soi), ce mode de transport va se développer dans tous les territoires. Il complète la palette de services de mobilité en pleine explosion, et permet à de plus en plus de monde, d'expérimenter la dépossession on non possession de voiture personnel. Et c'est sans doute là, le point singulier.

En expérimentant concrètement, l'utilisateur constate que cela fonctionne et lui donne un service équivalent. Même si il souhaite (peut être) avoir sa voiture, il accepte peu à peu l'utilisation de services de mobilité lui permettant de retarder, et dans certains cas d'annuler, le besoin d'investir dans un véhicule privé. Seule l'expérimentation permet de changer les pratiques dès lors qu'il s'agit de réaliser des tâches complexes.

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L’accès à de nouvelles données, risques et opportunités

Cet article de Forbes détaille les évolutions de comportement des compagnies d’assurances américaines induits par le numérique et la disponibilité de larges quantités de données concernant les consommateurs. Ce point lié aux questions de la surveillance a déjà été abordé dans des articles précédents (métaNote sur la surveillance et article sur l’origine des assurances). Il s’agit, dans cet exemple, du lien entre alimentation et santé, entre aliments peu recommandables car nocifs pour la santé et coûts financiers des conséquences de ces « choix » alimentaires. L’exemple est saisissant : les compagnies d’assurances utilisent de plus en plus les informations contenues dans les cartes de fidélité des magasins de grandes distributions pour apprendre, identifier et suivre les consommateurs selon leurs pratiques.

Bonus/Malus généralisé ?

Les conséquences de « choix » individuels alimentaires étant en partie collectif par les coûts engendrés en matière de santé publique, les assureurs cherchent à mieux connaître les pratiques pour instaurer à l’image de la sécurité routière des principes de bonus/malus. Pour cela, de nouveaux liens s’instaurent avec d’autres sociétés comme la grande distribution pour accéder aux données permettant de comprendre, d’augmenter son savoir, d’établir des outils de suivi et d’analyse. Le mot autorité signifie « savoir augmenté », tout se joue donc bien dans l’accès à de nombreuses données dans des domaines variés pour construire de nouveaux savoirs.

Le président de l’entreprise de data mining qui développe les outils d’analyse indique que lui-même, fait déjà attention et n’achète plus de sucrerie avec sa carte mais uniquement en liquide.

Mais ces pratiques ouvrent, pour tous les domaines dont les transports et la mobilité, de nombreux risques. Les données liées à mes pratiques ne m’appartiennent-elles pas ? Ne devrait-on comme en Angleterre (my data) et récemment en France (la Fing avec mes infos) à minima avoir accès à toutes les données nous concernant posséder par les entreprises ? Qui établira les règles de bonus/malus ? Sur la base de quels paramètres ?

Tout est à inventer …

Alors que le numérique et le « data deluge » ouvrent des opportunités sans précédent pour, collectivement, construire de nouveaux outils pour améliorer nos pratiques et augmenter l’intelligence collective, ce type d’exemple risque de condamner ces possibilités. Accéder à ces nouveaux savoirs sera à la fois indispensable pour être plus résilient et plus efficient, mais cela nécessite également d’inventer en même temps de nouvelles règles, de nouvelles lois, pour réduire au maximum les risques.