Archives mensuelles : septembre 2013

Ralentir la ville pour de nouvelles expériences de mobilité

La recherche de la vitesse a guidé les
politiques de mobilité, sans résoudre l'engorgement et la congestion des villes
ni réduire les usages de la voiture individuelle. Comment changer de paradigme
et développer des politiques de mobilité pour ralentir dans la ville? Quels
changements sont nécessaires pour réellement développer l'usage du vélo ou de
la marche ? Le ralentissement s'accompagne-t-il d'une meilleure fluidité ?

La vitesse est bien entendu un élément stratégique essentiel car il structure aujourd’hui le rapport de force dans la rue aujourd’hui (lire Et si le vélo reprenait sa place dans la bataille de la rue). Il hiérarchise les positions en donnant accès à la seule richesse : le temps. Arnaud Passalacqua indique dans son ouvrage La Bataille de la route que la principale stratégie consiste effectivement à s'assurer un territoire rigide et bien à soi. Donc à abandonner ce qui caractérise les systèmes de mobilité : leur souplesse. Ce livre intéressant propose une plongée dans le monde violent de la mobilité, sur tous les territoires. Enjeu de la bataille, l'espace public, voit se nouer alliances et oppositions entre les modes de transport.


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Quel est l’objet lien de votre projet : la peur, la proie ou l’Art ?

La description d’un projet
« innovant » est toujours révélatrice des dynamiques mises en œuvre
par les partenaires, et en général des finalités réelles de cette innovation.
Est-ce que le projet est engagé en réaction à des projets concurrents réels ou
supposés ? ou encore pour éviter que d’autres ne le fassent avant
vous ? ou bien pour améliorer une version précédente ? pour répondre
à de nouvelles normes ? Dans ces cas-là, ce qui fédère ce collectif est la
peur : de perdre un marché ou une rente. Dans le domaine de l’intelligence
collective, cet « agent » fédérateur s’appelle « l’objet
lien ». L'action de chacun des membres se construit autour et/ou avec
"un objet commun" (physique ou symbolique) qui va servir de
catalyseur et de support pendant le projet. La peur est un objet lien bien
connu, souvent utilisé, mais conduisant à de très faibles innovations de
rupture.

Il existe deux autres objets
liens pour rassembler des collectifs. Le second est la nomination d’une cible
connue et partagée, comme une proie que l’on chasse. Ce processus est
généralement utilisé pour des démarches d’acquisition d’entreprise, ou encore
des cartels qui verrouillent un marché. Le troisième nous intéresse plus
particulièrement car il met en œuvre des dynamiques très différentes, il s’agit
de l’Art. Cet objet lien vise à fédérer les acteurs d’un projet autour du rêve
d’humanité qu’il génère. Les dynamiques mises en œuvre et les capacités
d’innovation sont d’un autre niveau puisque les partenaires ne sont pas en
réaction, mais uniquement en création. Tous les sens du collectif peuvent être
utilisés, toutes les richesses peuvent être identifiées et engagées dans
l’action. L’objectif de ce type de projet s’exprime très différemment, sur le
fond et sur la forme, que les deux précédents. Les produits/services qui en
découlent sont en général totalement nouveaux, et compatibles avec les dynamiques
déjà abordées sur ce blog : incarner des rêves et des objectifs de
changement ambitieux, anticiper les mutations des frontières producteur/consommateur,
s’engager sans tarder vers la transparence totale sur le produit et leurs
impacts pour tous les acteurs, identifier les leaders d’opinion et les
créateurs externes pour les impliquer en les récompensant.

Il n’est pas étonnant si Steve
Jobs indique : « La technologie seule n’est pas suffisante.
C’est quand la technologie épouse les arts libéraux et les humanités qu’elle
parvient à faire chanter nos cœurs
 ».

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« L’être et l’écran », ou la philosophie de la révolution numérique

La thèse de Stéphane Vial rassemble des points essentiels à connaître concernant la révolution numérique, son livre "l'être et l'écran" vient de paraître. La MétaNote N°17 "La révolution numérique et la fin de l'automobile" propose une déclinaison concrète des conséquences de cette 3ème technique dominante dans le domaine des transports.

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L'aura numérique, proposée par Daniel Kaplan, des objets ne se questionne plus. Il se constate. Et ce n'est qu'un début. Tous les produits industriels issus de la 2ème technique dominante, celle de l'acier et du charbon, se numérisent. D'abord l'électronique est ajouté, puis des interfaces, puis des écrans, puis le numérique renverse le design et devient le point d'entrée. Les promesses du numérique sont nombreuses; certaines n'ont pas eu lieu, d'autres, inattendues, nous bouleversent. La FING les étudie pour mieux s'en imprégner.

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Un cygne noir a été vu dans la Silicon Valley, Tesla et Google vont lui donner un nom

Elon Musk annonce proposer des voitures autonomes d'ici 3 ans. Fondé en 2003 (10 petites années), Tesla conçoit, fabrique (voir l'usine) et vends des voitures électriques à plus de 70.000$, ainsi que les infrastructures de charge (et ). En s'associant, dans quelques années, avec Google (fiction), il incarne le cygne noir (lire un article de 2009 toujours d'actualité Qui sera le prochain cygne noir ?). Des articles fictions ont été rédigés sur le rachat de Tesla par Google, ou la mise en oeuvre d'une Alliance.

Théorisé par Nassim Nicholas Taleb (auteur du livre – le Cygne Noir), le cygne noir se caractérise par : aucun signe prévisible de son arrivée, fort impact pour les acteurs du domaine, très facile à expliquer mais "après" pour permettre à tous de faire comme avant. Plusieurs articles ont été écrits sur les voitures autonomes et les conséquences pour les acteurs historiques et surtout pour les citoyens, les entreprises (lire un extrait des articles). Déjà Tesla est présent dans le projet 100 pour concevoir des services de mobilité à haute expérience.

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Partenariat Renault – Bolloré incarne la mutation décrite en 2009, MétaNote N°0

Le dernier Communiqué de Presse du Groupe Renault est repris, il décrit les trois principaux points qui seront travaillés avec Bolloré. Nous retrouvons les principaux points proposés dans la première MétaNote N°0 rédigée en 2009 (4 ans déjà). En résumé, mutation de la valeur vers l'économie de la fonctionnalité incarnée dans des services de mobilité, d'abord urbain (point 1). Puis viennent les développements de véhicules conçus pour être exploiter dans des services (point 3), ces véhicules ne seront pas vendus aux conducteurs, ils seront exploités par un opérateur. Etant exploités, le cahier des charges peut être totalement revu (3 places, très léger). Un article au titre évocateur rédigé en 2010 illustre cela : Qui sera capable de faire un GMP de 20 k au meilleur prix ? Déjà 20 kW …

Le véhicule autonome (niveau 4, lire l'article Robotisation, automatisation des véhicules en 2020) fixe un objectif possible. La robotisation ne fait que commencer pour améliorer la rentabilité des services. 

Cette mutation s'observe tous les jours (voir toutes les MétaNotes). A une rupture attendue sur des technologies de propulsion se substitue une mutation servicielle des usages accélérée par l'introduction d'un nouveau liant simplificateur : le numérique. Grâce à cette mutation servicielle, de nouvelles énergies, dont l'électricité, deviennent possibles. Quelle sera la place des industriels automobiles historiques dans les futures chaînes de valeur ?

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Nike+ Fuel / Nissan Nismo

Déjà présenté (lire Super à 1.6 €/litre, passer à Nike Fuel), Nike Fuel incarne une certaine idée des mobilités actives. Nissan innove avec Nismo Watch, pour être connecté à son véhicule et partager ses mobilités motorisées. D'après vous, qui incarne le mieux les prochains imaginaires ?  


Robotisation, automatisation des véhicules en 2020. Qui sera le Patagonia de l’automobile ?

Patagonia expérimente le futur de l'automobile (lire les MétaNotes N°14 L'avenir de l'automobile). La marque propose à ses clients de moins consommer, de moins acheter ses produits, de les réparer, de les échanger.   

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Pur marketing pour certains, tout simplement une question de survie pour d'autres. Ayant compris que rapidement, l'entreprise devra s'organiser pour proposer des produits "beauxbons et vrais" (lire l'origine du concept), Patagonia préfigure sans doute l'avenir du commerce de biens industriels. avec l'arrivée promise de nouveaux types de véhicules autonomes, les chaînes de valeur des mobilités vont être bouleversées ouvrant d'immenses opportunités et de grands risques.

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