Et si le covoiturage n’était qu’un jeu à réinventer

[Il s'agit d'un billet invité, Bienvenue à Pierre Trami, Energies & Mobilités chez GrDF]

La mobilité est devenue si naturelle, si spontanée qu’on en a même oublié ce qu’elle induit, tant au niveau de son empreinte immédiate, économique ou environnementale, que  les conséquences qui en découlent, pour soi et pour les autres. La mobilité est devenue tellement soliste que la première empreinte, sans doute financière,  nous fait oublier l’impact marqué par le déplacement du km parcouru par un véhicule de près d’1 tonne, qui sert à mouvoir une personne dont le poids moyen est inférieur à 100 kg. L’effet levier, que nous avons tous utilisé pour mouvoir un objet lourd, inaccessible à notre force , est totalement oublié dans le cas de nos mobilités. Aurions nous pris un levier plus court que la masse à déplacer et d’un poids 10 fois plus important que ce dernier ? Qu’est ce qui pourrait éveiller nos consciences notre relation aux autres ? quel levier permettrait d’avoir un effet démultiplicateur ?

Nous avons tous fait le constat que le jour le plus fluide de la semaine est le Mercredi, et que par conséquent nous avons corrélé l’absence de fluidité avec l’accompagnement des enfants à l’école. D’ici et de là, des initiatives ont été prises telles que ‘Marchons vers l’école’ ou ‘pédibus’  sous l’étroite surveillance d’un adulte. Et si nous laissions nos enfants générer de nouvelles initiatives ? Celles-ci pourraient revêtir l’esprit d’une communauté. Appelons cette communauté les « Trimbales».

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Sur une application mise à disposition des enfants, chaque élève peut recenser le lieu de résidence d’un autre élève à 1 km à la ronde de son lieu de résidence. Chacun à la possibilité d’indiquer son trajet, son parcours, de proposer des places, un nom de véhicule, un nom de capitaine de convoyage… Des points seraient distribués aux convoyeurs et aux convoyés qui pourraient se traduire dans les jeux vidéos favoris.

Cette application vise à démontrer  par le jeu, de manière ludique, l’incidence que peut avoir une action,  un comportement  vis-à-vis des tiers, vis-à-vis de soi, et le cas échéant vis-à-vis des impacts environnementaux pour sauver sa planète. Elle permettra une meilleure identification des actions à réaliser mais aussi celles moins génératrices de plus values.

Un scoring croisé permettra d’apprécier les convoyeurs, les convoyés et les véhicules utilisés. Un bonus ‘déplacements doux ‘ pourrait être adapté en fonction des distances parcourir, sans pour autant pénaliser ceux qui se trouvent trop éloignés de leur établissement.

Cette application doit faire le lien entre le monde numérique et le monde réel, en proposant de gagner des points :

o    Pour rester en piste en cas de mauvais scoring ; Des jeux d’arcades pour les adolescents, moyennant quelques cts, pourraient être utilisés consciemment, pour venir aider la scolarité des enfants des pays en voie de Développement, ou des jeux de sensibilisation à l’environnement  pour les plus petits ; 

o    Pour améliorer son image ; pour les adolescents une image consciente et responsable des actes perpétués avant d’entrer dans le monde des adultes, pour les plus petits le sentiment de faire des choses justes.

o    Pour se sentir appartenir à une tribu ‘les trimbales’;  rester connecté,  accéder à des places de cinéma, voire de concerts, abondés par la collectivité qui voit là des coûts évités et l’occasion d’encourager ces initiatives et de mieux utiliser son "stock",

o     Pour mieux connaitre les déplacements et les lieux de résidence afin d’apporter dans un second temps des services appropriés à l’intérieur de la tribu (des offres spécifiques de magasins sur le parcours en fonction de la population) ou  à l’extérieur de la tribu (profiter de ce déplacement pour porter éventuellement des colis/objets à des personnes âgées, etc…)

L’objectif est bien là, utiliser cette nouvelle conscience des enfants, non encore bridée par les modèles de contraintes apportés par le monde adulte, contraintes de temps ou d’emploi du temps mal géré, contraintes économiques inconscientes, afin qu’ils puissent appréhender les choses de manière ludique, pour créer de nouveaux mondes, le leur, en lien avec leur imagination.

Les conséquences pourraient être multiples : les gens se connaissent, connaissent les trajets, les déplacements sont optimisés, les émissions polluantes réduites etc…, le choix du véhicule occupé pourrait se faire de prime abord en raison des occupants parce qu’on les connait, mais très vite dans un second temps cela pourrait être en fonction du véhicule, de sa forme, de ses caractéristiques techniques, du déplacement facile et ludique, entrainé par le rating du véhicule, du conducteur, des occupants etc …

Pour la collectivité publique une réduction significative des véhicules aux abords des écoles, une diminution sensible des situations ‘dangereuses’, des parents moins stressés, des parcours moins accidentogènes …

Le véhicule et l’adulte deviendraient alors totalement  accessoires, des moyens et non des finalités au service d’un plus grand nombre pour faire prendre conscience de cette efficacité. C’est peut être ce levier qui sensibilisera à son tour le monde des adultes.

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2 réflexions au sujet de « Et si le covoiturage n’était qu’un jeu à réinventer »

  1. martin

    Je dois dire qu’au Cambodge le co voiturage ou voitures taxi sont exploites au maximum quant au remplissage de celles ci pour se deplacer en province……
    Avantages par leurs petits gabarits les khmers ont deja la genetique de leur cote comparee a un Francais de corpulence moyenne.
    Les regles du code de la route vont de leur cote aussi :
    Devant nous avons donc le chauffeur fortement presse contre la portiere gauche vu que sur le siege avant 3 ou 4 personnes sont assises (pas de commentaires sur la securite…)
    En france, je remarque une monter des sites comme http://www.trajetalacarte.com ou blablaco pour du covoiturage courte distance. A voir si cela marche dans le temps !

    Répondre
  2. Alexandre

    Votre article est excellent et confirme bien d’ailleurs la tendance à changer notre logique de possession vers celle d’utilisation d’un véhicule ! Le rapport de l’observatoire de l’automobile de Cetelem http://observatoirecetelem.com/lobservatoire-cetelem-de-lautomobile/la-voiture-transport-en-commun-du-futur/esprit-de-synthese/ illustre complètement que les jeunes générations tendent vers un esprit de covoiturage et d’autopartage. (Les 18-29 ans considèrent la voiture comme un moyen de transport comme un autre !) D’ailleurs cela se ressent tant l’essort des entreprises d’autopartage est flagrant, je pense à http://www.autolib.eu et http://www.mobilitytechgreen.com qui décrochent de superbes contrats pour collectivités !

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