Le premier jour où j’ai décidé de me déplacer autrement …

Chaque jour, il y a plusieurs millions de décision concernant les transports : individuellement, nous choisissons un mode de transport à chaque fois ou nous faisons comme d'habitude, nous choisissons tel itinéraire ou le trajet habituel, nous acceptons de prendre un collègue de travail sur le chemin ou pas, nous planifions nos déplacements/achats/activités ou pas, nous utilisons un mode actif de déplacement (vélo ou marche).

Nous en sommes individuellement et collectivemment responsables. Ces décisions, ou absences de décision, ont toutes des conséquences directes connues, quantifiées : congestion, pollutions, émissions de GES et coûts économiques. En général, ce sont ces éléments  qui sont invoqués pour tenter de faire changer les comportements ou pour justifier d'une certaine pratique. Ils évoquent des considérations individuelles (le coût, le temps perdu) et collectives (congestion, pollutions), et sont liées à des richesses échangeables et quantifiables (notre monnaie) et des richesses uniquement quantifiables (pureté de l'air, temps "perdu ou gagné"). Mais est ce que nous agissons uniquement pour optimiser ces paramètres ? Sommes nous uniquement des économistes comptables ?

Plus intéressant encore, ces décisions ont des conséquences "indirectes" qui ne sont généralement pas mentionnées et pourtant elles se révèlent être les principaux déterminants du changement : lien social, bénéfices sur la santé, plaisir lors du déplacement. Ces paramètres se basent sur des richesses quantifiables (bilan de santé), exprimables (lien social, plaisir). L'expression de ces bénéfices ne peut pas se décréter à priori, cela se construit avec la pratiques réelle, dans le changement. En conséquence, ce ne sont que les personnes qui font vraiment qui peuvent en parler en étant crédible. Les échanges entre pair se distinguent par leur capacité à beaucoup mieux engager dans le changement. Ils sont de grande valeur et doivent être toujours prévilégiés.

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Puis une troisième cercle de conséquences émerge pour les personnes qui y prêtent attention : développement de la conscience, de l'empathie, cohérence entre le faire, l'être et les paroles. Ce niveau ne touche que des richesses exprimables non quantifiables, non échangeables, les plus fondamentales. Nous sommes loin de la richesse conventionnelle, la monnaie, l'euro. Plus étonnant encore, ces richesses se renforcent mutuellement : le corps et l'esprit sont plus vifs, permettant de mieux rentrer en contact avec l'autre, de saisir plusieurs dimensions d'un échange, de mieux ressentir et apprécier les évolutions sur sa santé.

Ces changements renforcent la décision initiale sur de multiples plans (mobilité bien sûr, mais également santé, lien social, développement personnel), les bénéfices se transforment en évidence, et d'autres champs peuvent évoluer : alimentation, respiration, consommation, engagement social… L'analyse des conséquences d'un changement de pratique, de comportement montre également que nos outils, basés essentiellement sur des bilans comptables utilisant l'euro comme aggrégateur de richesse, sont insuffisants et inadaptés. Vouloir parler de nos comportements oblige à mieux savoir décrire nos multiples richesses.

Nous ne ferons pas du vélo pour réduire la pollution, nous ne "perdrons" pas 5 minutes pour faire un détour et prendre un collègue de travail. Bien sûr, ces changements auront ces conséquences environnementales mais ce ne sont "que" des co-produits de bénéfices plus fondamentaux pour notre humanité. Et vous ?

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