Archives pour la catégorie internet

Imaginez un monde dans lequel plus personne ne possède de voiture

Le dernier article d'Eric Jaffe, the Atlantic Cities, met en perspective le développement des technologies de robotisation des véhicules couplé au développement des services de mobilité. Plusieurs articles des Transports du Futur (Google Car tout va plus vite que prévu, la révolution numérique, En supprimant le chaffeur le cybercar change profondement, le choc à venir) ont également dressé des perspectives similaires : les principales innovations portées par le cybercar ne sont dans l'objet mais dans les usages qu'il rendra possible. Les jeux d'acteurs et la chaîne de valeur seront bouleversés, intégralement. 

"It's a game-changer," says autonomous car researcher Alain L. Kornhauser of Princeton University. "What I think is going to happen is that nobody will own a car. … If you can get [mobility] by the drink, you won't buy the bottle."

Ceci doit être mis en parallèle avec la rapidité d'execution de Google dans le domaine. Ce n'est plus une question ou une option. Cet acteur arrive dans la mobilité (voir la vidéo Google History depuis Google Map, Google Now, Google hotel finder, Uber, Waze), dans la robotique (lire la fiction N°6 basée sur l'achat récent de 8 sociétés de robotiques), dans l'automobile (avec notamment open Automotive alliance). Il s'y emploie avec une énergie et une rapidité inédite.

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Innovation & Numérique – UTC

En préparation du grand colloque de la Conférence des Présidents d'Université (CPU), organisé à l'université de Lyon les 21, 22 et 23 mai 2014 et qui aura pour thème "les universités, créatrices d'innovation, au service du dynamisme de l'économie et de la société", l'UTC a organisé un séminaire préparatoire de réflexion le 31 janvier portant sur Innovation Numérique et Créativité avec plusieurs ateliers.

Le premier atelier portait sur "Le numérique est-il créateur de valeurs économiques et sociales ?". Les interventions ont été filmées :

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Voiture autonome, carte et Twitter

Libération a publié un article classique sur les voitures autonomes en interrogeant notamment certains constructeurs dont PSA. Quelques extraits : Vincent Abadie, responsable des aides à la conduite chez PSA, annonce pour 2017 « l’introduction dans les gammes Peugeot et Citroën de nouvelles fonctionnalités favorisant l’aide à la conduite et, à l’horizon 2020, l’émergence de voitures fortement automatisées. Quant au véhicule autonome, poursuit-il, ce sera plutôt aux alentours de 2025».

La seconde citation est plus intéressante : «La Google Car est équipé d’un Lidar sophistiqué mais onéreux, ce qui éloigne ce véhicule du monde de l’automobile», constate cependant Frédéric Mathis. Même réserve chez PSA où Vincent Abadie note que le prix des équipements embarqués à bord de la Google Car a été estimé à près de 500 000 euros. «Difficile donc d’industrialiser ce type de modèle en grande série,explique-t-il, d’autant que la voiture autonome de Google ne fonctionne que par apprentissage : elle ne peut circuler que sur un itinéraire déjà cartographié. Et on ne peut pas cartographier toute la planète.»

Cette dernière phrase indique plusieurs choses : Google a choisi une voie qui a peu de chance d'aboutir, la cartographie est l'élément clé et il n'est pas généralisable. Mais en est-on sûr ? Un petit tweet :

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Mobilités, conduire le changement avec les projets financés par les Investissements d’Avenir

Les investissements d’avenir, opérés par l’ADEME soutiennent plusieurs projets visant à améliorer les conditions de mobilité et l'utilisation rationnelle de l'énergie. Tous ces projets sont détaillés sur un blog spécifique. Lors d'Ecocity, aidé par julien de Labaca (consultant), l'ADEME a rassemblé ces porteurs de projets, pour partager leur point de vue, pour amplifier les changements en cours.

Financés par les Investissements d’Avenir à hauteur de 35 millions d'euros, douze projets s'intéressent à deux champs particuliers de la mobilité. Cinq sont issus d'un premier appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé en 2011 visant à développer des systèmes de mobilité complets et durables. Sept autres sont issus d'un second AMI, visant quant à lui à développer les mobilités électriques. Eco City Nantes est l'occasion de mettre en valeur ces initiatives ambitieuses qui ont germé sur tout notre territoire. Ainsi, cinq projets (3 du premier AMI et deux du second) seront présentés. L'occasion de démontrer aux acteurs publics et privés que de telles initiatives sont possibles et qu'elles sont bénéfiques à la mobilité de nos territoires. 

 

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Changer de mode de transport doit être une conséquence et non un objectif

Chaque jour en France environ 175 millions de déplacement ont lieu. Tous les modes sont utilisés. Ces déplacements résultent d'une organisation des différents "collectifs" impliqués : ménages, entreprises, territoires, … Pour chaque déplacement, le choix du mode de transport est le fruit d'une réflexion et/ou de multiples contraintes et/ou d'offres et/ou de ressources (matérielles, intellectuelles, …). Tout ceci est tissé ensemble. Nous (société) avons très peu d'éléments pour comprendre ces liens, ce tissage (lire la MétaNote N°18 Pour une ontologie de la demande). 

Changer de mode de transport apparaît dès lors comme quasi-impossible, ce qui s'observe dans les quelques données obtenues via les enquêtes. Les citoyens n'intègrent pas dans leurs pratiques quotidiennes de nouvelles formes de mobilité parce qu'ils recoivent des informations leur demandant de faire autrement. Ceci n'opère qu'à la marge. Les pratiques de mobilité changent quand il apparaît possible d'expérimenter de nouvelles organisations de ses activités (personnelles et/ou professionnelles) ouvrant de nouvelles possibilités en matière de mobilité. Le projet BMA (Bretagne Mobilité Augmentée) a développé un dispositif et des méthodes permettant non pas de changer les comportements mais de permettre aux collectifs de comprendre l'intérêt qu'ils ont à faire autrement, à choisir eux mêmes les étapes et les solutions, et à conserver dans le temps ces nouvelles pratiques. Concrètement (lire l'article sur le blog du projet BMA):

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De l’hyperempire à l’hyperdémocratie

Vous pouvez critiquer les
technologies numériques. Elles consomment énergies, matières premières, sont à
la mode, donc « périssables ». Elles peuvent nous isoler, nous
surveiller, et finalement réduire notre capacité à « faire société ».
Pour certains, il est encore question de savoir elles sont « bien ou
mal ». Comme si quelqu'un pouvait faire machine arrière, remettre le
dentifrice dans le tube. Elles étaient parmi nous, elles sont désormais en
nous.

Elles forgent notre perception du
monde (lire la MétaNote N°17 La révolution numérique)
. Elles sont d'une puissance inédite dans l'histoire de l'humanité,
pour le meilleur et pour le pire. Il s'agit maintenant de les utiliser du mieux possible,
d'exploiter leurs multiples capacités pour mieux comprendre nos problèmes
complexes, pour augmenter notre créativité, pour inventer de nouvelles formes d’intelligence
collective. Ce n'est pas un hasard si Code For America travaille pour
développer un écosystème pour stimuler les innovations civiques, ou plus
près, qu'une coopérative intégrale à Toulouse étudie des technologies de
partage et de paiement numériques pour mieux échanger toutes nos richesses
(lire l'articlen Quelles sont vos vraies richesses ?).

DATA+CURATION+STORYTELLING

Maintenant qu'elles sont
massivement utilisées et distribuées, ces techniques engendrent de nouveaux
métiers, de nouveaux concepts, de nouvelles représentations du monde et de
nous-mêmes (Lire l'article sur le livre l'être et l'écran). L'orateur avait la
capacité de décrire des situations, d'engager, de faire comprendre. Puis
l'écrivain, et notamment le romancier, réussit à partager des histoires, des
univers entiers, et donc des concepts, des théories et des idéologies.
Aujourd'hui, de nouveaux métiers s'expérimentent, et bien sûr nous manquons de
mot pour en parler. S'appuyant sur la data-visualisation, la gamification,
la curation de connaissances, et le storytelling, des pionniers jettent les
bases d'une nouvelle forme de narration qu'ils testent et développent en
même temps. Ces méta-techniques permettent de rendre compte de problèmes
complexes à des collectifs, de les mettre en forme, de les partager, de mieux
en parler ensemble, et surtout, elles engendrent intrinsèquement le passage à l’action. 

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Les nouveaux dispositifs d’innovations collectifs

Rassembler un écosystème étendu, hétérogène, pluriel, avec de nombreuses contraintes industrielles et économiques, des histoires et des modes de pensées. Lui donner les conditions de se rencontrer, de se sentir en tant que groupe. Sans modifier les spécificités individuelles, lui permettre de faire émerger une conscience collective, une émanation du tout, à la fois supérieur à la somme des parties et inférieur. Accéder à une sensation d'holoptisme.

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Individuation, chacun reste expert d'un domaine et joue son rôle, et Reliance, capable d'écouter et ressentir le collectif pour ajuster son action individuelle pour maximiser le bien commun. Accompagner le collectif en l'inspirant, en l'alimentant de concepts, d'idées, de récits, d'histoires racontés par des passionnés dont le seul objectif est de transmettre le goût de l'action, les valeurs du beau-bon-vrai, et la reconnaissance des multiples richesses des projets et des personnes. Permettre à tous de s'engager. Intégralement.

Bien évidemment rien n'est écrit à l'avance, ni les objectifs, ni les chemins. Pour être en création, les pionniers du collectif deviennent sensitifs entre eux et avec l'équipe qui les accompagne. L'itération et l'adaptation sont permanentes, rien n'est figé. Le dispositif permettant de conduire ces mutations est complexe, au sens de "complexus, tisser ensemble" : Technique de narration d'une histoire et d'intervention basée sur TED, maîtrise des outils numériques et des réseaux sociaux, utilisation en temps réel d'outils de fouille de données et d'analyse sémantique, processus de créativité, mise en situation d'holoptisme d'un collectif, méditation et maintient des énergies dans le groupe pendant plusieurs jours. Le laisser se libérer de ces modes de pensées historiques, lui permettre d'inventer d'autres concepts, d'autres mots. Ne juger personne, et faire émerger une profonde et intégrale expérience d'humanité.

Nous sommes à la veille de dynamique collective inédite par leur capacité de penser en rupture. Des pionniers (CIRI, NodA, La FING, Gunther Sonnenfeld, P2P FoundationIn Principo, Colligence, …) sont en train d'inventer ces nouveaux dispositifs. Il ne tient qu'à vous, qu'à nous de les utiliser. 

Je suis les liens que je tisse avec d'autres. ", Albert Jacquard.