Archives pour la catégorie marketing individualisé

Dongfeng/PSA et Facebook/WhatsApp

En même temps, Dongfeng injecte 800 Millions d'euro et Facebook rachète WhatsApp 16 Milliards d'euro. Ces deux évènements ont lieu. Jouant probablement dans deux mondes différents. En tout cas, ce sont deux visions du monde qui vient. La première Alliance tente de prolonger une économie de la rareté, utilisant des ressources finies pour des marchés à remplir. La seconde met en oeuvre des ressources immatérielles (appuyées sur des techniques et des investissements lourds), des ressources infinies pour des expériences à inventer.

16 milliards pour des abeilles

Pourquoi investir 16 milliards dans un réseau de messagerie instantanée ? Est ce que "ça les vaut" ? Pour tenter d'analyser cela, il faut penser comme les acteurs du numérique. Yann Moulier Boutang a théorisé ce mode de fonctionnement par l'économie de la pollinisation. La valeur de l'Abeille n'est pas uniquement dans le miel et la cire mais dans la pollinisation. Et c'est bien cela que Facebook a acheté : des abeilles.

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Imaginez un monde dans lequel plus personne ne possède de voiture

Le dernier article d'Eric Jaffe, the Atlantic Cities, met en perspective le développement des technologies de robotisation des véhicules couplé au développement des services de mobilité. Plusieurs articles des Transports du Futur (Google Car tout va plus vite que prévu, la révolution numérique, En supprimant le chaffeur le cybercar change profondement, le choc à venir) ont également dressé des perspectives similaires : les principales innovations portées par le cybercar ne sont dans l'objet mais dans les usages qu'il rendra possible. Les jeux d'acteurs et la chaîne de valeur seront bouleversés, intégralement. 

"It's a game-changer," says autonomous car researcher Alain L. Kornhauser of Princeton University. "What I think is going to happen is that nobody will own a car. … If you can get [mobility] by the drink, you won't buy the bottle."

Ceci doit être mis en parallèle avec la rapidité d'execution de Google dans le domaine. Ce n'est plus une question ou une option. Cet acteur arrive dans la mobilité (voir la vidéo Google History depuis Google Map, Google Now, Google hotel finder, Uber, Waze), dans la robotique (lire la fiction N°6 basée sur l'achat récent de 8 sociétés de robotiques), dans l'automobile (avec notamment open Automotive alliance). Il s'y emploie avec une énergie et une rapidité inédite.

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MétaNote 18 – Pour une ontologie de la demande(s) de transport

Les offres de transport se comprennent facilement, ce sont
des moyens mis en œuvre pour se déplacer. Il y a des industries qui conçoivent,
industrialisent des véhicules, d'autres les opèrent, d'autres assurent le
déploiement conjoint des infrastructures de distribution d'énergie (carburant),
d'autres des infrastructures pour les faire circuler (routes), pour les stocker
(parking), d'autres enfin mettent en œuvre des solutions pour prélever des
taxes visant à financer partiellement le système. Il n'y a pas besoin
d'expliciter longuement, tout ceci se comprend. Nous avons déployé à la fois
les industries et les concepts pour en parler.

Aujourd'hui, les experts, mais surtout les « non
experts », constatent et déclarent que le « toujours plus
d'offres » ne permet pas de répondre aux conséquences générées par ces mêmes
offres. Cette fuite en avant des offres n'est pas tenable. Tout le monde le
sait. Tout le monde le vit. Tout le monde le ressent.

Ni les finances publiques, ni les finances privées, ni les
progrès technologiques, ne permettent de produire un discours crédible et
souhaitable d'une mobilité à venir performante, citoyenne, équilibrée. Il
est  alors question de faire évoluer la
« demande », de « modifier » les comportements, soit par
une communication engageante, soit par des incitatifs (récompenses), soit par
de nouvelles taxes (contraintes). Et là, constatons que nous manquons
cruellement d'ontologie pour échanger, partager, débattre, et donc construire
les solutions à mettre en œuvre du côté de la « demande », dans toutes
les dimensions : technique, politique, sociale, mais aussi systémique.

« La demande » ne s'industrialise pas, elle n'est
pas unique, elle réagit de multiples façons à des contraintes, des récompenses,
des incitatifs, des sollicitations, des produits, des services. Elle n'est pas
prévisible, elle n'est pas rationnelle, elle n'est pas modélisable. Et en plus, quasiment personne ne
« la » connaît. Elle n’a pas de représentant, pas de lobby pour la
représenter dans sa globalité. Et pourtant elle a toujours été stratégique.

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Partenariat Renault – Bolloré incarne la mutation décrite en 2009, MétaNote N°0

Le dernier Communiqué de Presse du Groupe Renault est repris, il décrit les trois principaux points qui seront travaillés avec Bolloré. Nous retrouvons les principaux points proposés dans la première MétaNote N°0 rédigée en 2009 (4 ans déjà). En résumé, mutation de la valeur vers l'économie de la fonctionnalité incarnée dans des services de mobilité, d'abord urbain (point 1). Puis viennent les développements de véhicules conçus pour être exploiter dans des services (point 3), ces véhicules ne seront pas vendus aux conducteurs, ils seront exploités par un opérateur. Etant exploités, le cahier des charges peut être totalement revu (3 places, très léger). Un article au titre évocateur rédigé en 2010 illustre cela : Qui sera capable de faire un GMP de 20 k au meilleur prix ? Déjà 20 kW …

Le véhicule autonome (niveau 4, lire l'article Robotisation, automatisation des véhicules en 2020) fixe un objectif possible. La robotisation ne fait que commencer pour améliorer la rentabilité des services. 

Cette mutation s'observe tous les jours (voir toutes les MétaNotes). A une rupture attendue sur des technologies de propulsion se substitue une mutation servicielle des usages accélérée par l'introduction d'un nouveau liant simplificateur : le numérique. Grâce à cette mutation servicielle, de nouvelles énergies, dont l'électricité, deviennent possibles. Quelle sera la place des industriels automobiles historiques dans les futures chaînes de valeur ?

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Google Mobility : In the race to get you around cities with a smartphone and a credit-card

La voiture autonome, ce n'est pas pour demain. Trop compliqué, trop cher. Trop de problème juridique à régler. Et puis pourquoi faire ? L'automobile est déjà, en soi, un objet complexe, pourquoi vouloir augmenter encore le niveau de complexité (lire Qui est prêt pour augmenter le niveau de complexité ?) ? Pour quels bénéfices et surtout, pour qui ? Automatisée, oui, Autonome, non. Tel pourrait être le résumé de la bataille qui s'engage dès aujourd'hui. Un scénario fiction avait été rédigé en juillet 2011. Appelé Google Mobility Service, il est en train de se réaliser, dès aujourd'hui.

Pour Daimler, le lancement de sa classe S montre clairement la voie. L'automatisation du véhicule n'est pas une option. C'est un impératif compétitif. La classe S possède de nombreuses fonctions d'automatisation (lire Et si c'était déjà cybercar ?). Ces technologies vont progressivement équiper de plus en plus de véhicules par un mécanisme classique de réduction des coûts par des effets sur les volumes. Comme nous l'avons vu, ces techniques d'assistance vont participer à la création d'une nouvelle perception de l'automobile et du territoire (lire MétaNote 17 la révolution numérique et la fin de l'automobile). Progressivement, l'automatisation sera acceptée puis recherchée. Ne pas l'avoir sera impensable. Mais le passage de l'automatisation à la robotisation est bien un saut discret au sens mathématique. Pour le moment, aucun constructeur n'a d'intérêt à robotiser un véhicule. Le conducteur doit rester, pour garder la propriété de l'objet.

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Et si les jeux étaient déjà faits ? l’iMaaS va s’imposer.

IMaaS
D'ici la fin de l'année, une société vieille de quelques années va permettre de transporter autant de personnes que l'Eurostar. Déjà, les 26000 voitures partagées en France placent la moitié de la population à moins de 15 minutes à pied d'un véhicule partagé, utilisable, simplement, aujourd'hui. D'ici quelques mois le gouvernement chinois pourrait annoncer dans les 8 principales villes des mesures de restriction visant à limiter l'usage et probablement l'achat de voiture. L'Oregon (USA) invente cet été une nouvelle fiscalité du transport basée sur une facturation à l'usage, ouvrant des innovations politiques et, en conséquence, des modifications profondes dans l'usage de la voiture. Tous les jours, profitant des progrès fulgurant des technologies numériques, de la créativité de la multitude, se créent de nouvelles applications simplifiant, regroupant, agrégeant des solutions de mobilité plus simples, plus fonctionnelles et demain plus agréables. Enfin Aetna, compagnie d'assurance, lance une première application traçant votre activité physique pour bénéficier de réduction sur votre mutuelle de santé.

Pris individuellement ces exemples intéressent, mais ils restent des signaux faibles.

Considérés ensemble, et en se plaçant du point de vue des citoyens, ils dessinent clairement de nouvelles mobilités/immobilité, de nouvelles contraintes, de nouveaux comportements, de nouvelles relations à l'automobile, de nouvelles expériences utilisateurs, de nouveaux imaginaires.

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Simplification pour l’usager et complexification pour la plateforme, Qui est prêt pour augmenter le niveau de complexité ?

Bolloré implante AutoLib à Lyon et à Bordeaux, Mobizen et ADA s’associent pour marier location et autopartage, Blablacar vise 5 millions d’inscrit d’ici 2015 et TaxiBeat (merci à Bruno Marzloff) réinvente le taxi. De nouveaux services de mobilité hybrides apparaissent. Et ce n’est qu’un début. Ce n’est que l’écume d’une vague. Tout simplement parce que le numérique transforme des contraintes en innovations (TaxiBeat nous vient d’Athènes…), les transfère tout de suite partout (instantanéité et réplicabilité), et les ajuste aux besoins locaux (malléabilité du numérique). Tout simplement parce que les citoyens expérimentent de plus en plus de solutions alternatives de mobilités, d’autres façons d’utiliser le même objet historique (sans attendre aucune innovation) pour contourner les contraintes, pour augmenter leur pouvoir d’achat. Progressivement et de façon cumulative, d’autres mobilités et
d’autres usages de l’automobile se développent.

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