Archives pour la catégorie pensée complexe

Innovation & Numérique – UTC

En préparation du grand colloque de la Conférence des Présidents d'Université (CPU), organisé à l'université de Lyon les 21, 22 et 23 mai 2014 et qui aura pour thème "les universités, créatrices d'innovation, au service du dynamisme de l'économie et de la société", l'UTC a organisé un séminaire préparatoire de réflexion le 31 janvier portant sur Innovation Numérique et Créativité avec plusieurs ateliers.

Le premier atelier portait sur "Le numérique est-il créateur de valeurs économiques et sociales ?". Les interventions ont été filmées :

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Interventions du Séminaire Mobilités Mutations

Faisant suite à une série d'article sur le séminaire Mobilités Mutations présentant les livrables Prospectives et Projets, ainsi que les défis identifiés pendant le séminaire, toutes les interventions ont été mises en formes et regroupées. Elles sont téléchargeables ainsi que le programme :

1er Jour : 

Institut de la Mobilité durable, Romain Beaume

Renault, Lomig Unger & Edwin Mootoosamy

Orange Labs, Valérie Peugeot

Polyconseil, groupe Bolloré, Olivier Colas

Ecomobilité Ventures, Edouard Combette

la FING, Jacques-françois Marchandise

Ouishare, Antonin Leonard

SNCF, Dominique Laousse

IBM, Thomas Baudel

Volvo Trucks, Bernard Favre

– Nicolas Colin, l'âge de la multitude (à venir)

2ème Jour : 

Michelin Solutions, Franck Estoquié

Grand Lyon , Jean Coldefy

Transdev, Marie-catherine Beaudoux

Blablacar, Frédéric Mazzella

Projet BMA, CCI Rennes, Jean-luc Hannequin & Alain Somat

Groupe Chronos, Bruno Marzloff

 

De la P.F.A. à la Plate Forme des nouvelles (im)mobilités

La Plateforme de la Filière Automobile (PFA) a pour objet de définir et mener les actions contribuant au renforcement de la filière automobile française. Elle est composée de représentants des constructeurs, équipementiers, fournisseurs et de leurs organisations professionnelles respectives. La PFA a notamment pour missions de :

  • contribuer à promouvoir et développer toutes activités d’étude dans le domaine automobile au sens large ;
  • représenter l’ensemble de la filière automobile française, en lui permettant de s’exprimer d’une seule voix lorsque le sujet le justifie ;
  • mener toute action de nature à valoriser la filière et à en assurer la compétitivité ;
  • développer une vision claire des grands enjeux de moyen et long terme communs à l’ensemble de la filière, et organiser les actions permettant d’y répondre ;
  • développer l’attractivité de la filière et de ses métiers et orienter sa politique d’emploi, de formation et d’apprentissage ;
  • contribuer aux relations harmonieuses entre tous les acteurs de la filière au travers du Code de Performance et de Bonnes Pratiques et de la médiation.

Cette structure est indispensable mais elle est insuffisante pour se préparer aux mutations en cours (voir plusieurs vidéos illustrant ces mutations). La place de l'automobile dans notre société change. La multimodalité, les services de mobilités, les systèmes de transports intelligents (STI) portés à la fois par les transports "publics" et les transports privés, mais également les dispositifs permettant de réduire les mobilités tout en permettant de réaliser nos activités quotidiennes, toutes ces solutions et les industries associées nécessitent d'être synchronisées, représentées, incarnées dans une "Plate Forme des nouvelles mobilités / immobilités". Les objectifs de cette nouvelle PF pourraient être de :

  • Rendre visible ces acteurs en tant que filière industrielle porteuse d’emplois,
  • Décrire précisement les offres de la filière : produits, services, plateformes, …
  • Quantifier les richesses de la filière : CA, emplois non délocalisable, territorialisation, exportation…
  • Accélérer et synchroniser les échanges, les rencontres entre tous les acteurs,
  • Construire, afficher et s’engager dans une offre française pour un marché mondial

Le périmètre de cette PF

Cette PF doit adresser toutes les facettes des transports du futur, plus efficients, plus robustes, plus territorialisés. Elle se focalisera sur les 3 champs d'activités suivants pour construire son périmètre d'activité (lire également l'iMaaS) :

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Et si la fiction facilitait le passage à l’action ?

Les fictions participent à assouplir nos imaginaires, à nous projeter, à faciliter la création. Ces futurs sont possibles car prolongeant des dynamiques actuelles, mais ils ne sont pas forcément souhaitables. Ces univers ont été conçus pour susciter la réaction, soit pour faire qu'ils se réalisent, soit le contraire. 

L'orateur avait la capacité de décrire des situations, d'engager, de faire comprendre. Puis l'écrivain, et notamment le romancier, réussit à partager des histoires, des univers entiers, et donc des concepts, des théories et des idéologies. Aujourd'hui, de nouveaux métiers s'expérimentent, et bien sûr nous manquons de mot pour en parler. S'appuyant sur la data-visualisation, la gamification, la curation de connaissances, et le storytelling, des pionniers jettent les bases d'une nouvelle forme de narration qu'ils testent et développent en même temps. Ces méta-techniques permettent de rendre compte de problèmes complexes à des collectifs, de les mettre en forme, de les partager, de mieux en parler ensemble, et surtout, elles engendrent intrinsèquement le passage à l’action.

Aujourd'hui ces fictions sont simplement "rédigées", il faudrait qu'elles soient multi-supports (film, jeux, musique…) pour immerger le lecteur "intégralement" dans un Univers complexe. Un jour peut-être.

[fiction N°1] Google Mobility Service, la mobilité vue par Google. Google Mobility Services n'existe pas encore mais progressivement se construit tous les modules permettant de le rendre réel …

[fiction N°2] L’avenir de l’énergie dans les transports, vu par Amazon. Amazon Energies Services domine la distribution de carburant … 

[fiction N°3] La surveillance structure nos pratiques de mobilité. Et si les techniques de surveillance conditionnaient nos mobilités quotidiennes ? Bien sûr à chaque technique de surveillance apparaît une technique de camouflage … 

[fiction N°4] l'Alliance des Glass et des cybercars avait tout changé. Et si les Glass avaient la capacité à produire des flux de données "publiques et partagées" permettant en complément des cartes d'alimenter en connaissances fraîches les véhicules robots ? Ces deux techniques ont donné naissance à l'Alliance.

Quelles sont les vôtres ?

De l’hyperempire à l’hyperdémocratie

Vous pouvez critiquer les
technologies numériques. Elles consomment énergies, matières premières, sont à
la mode, donc « périssables ». Elles peuvent nous isoler, nous
surveiller, et finalement réduire notre capacité à « faire société ».
Pour certains, il est encore question de savoir elles sont « bien ou
mal ». Comme si quelqu'un pouvait faire machine arrière, remettre le
dentifrice dans le tube. Elles étaient parmi nous, elles sont désormais en
nous.

Elles forgent notre perception du
monde (lire la MétaNote N°17 La révolution numérique)
. Elles sont d'une puissance inédite dans l'histoire de l'humanité,
pour le meilleur et pour le pire. Il s'agit maintenant de les utiliser du mieux possible,
d'exploiter leurs multiples capacités pour mieux comprendre nos problèmes
complexes, pour augmenter notre créativité, pour inventer de nouvelles formes d’intelligence
collective. Ce n'est pas un hasard si Code For America travaille pour
développer un écosystème pour stimuler les innovations civiques, ou plus
près, qu'une coopérative intégrale à Toulouse étudie des technologies de
partage et de paiement numériques pour mieux échanger toutes nos richesses
(lire l'articlen Quelles sont vos vraies richesses ?).

DATA+CURATION+STORYTELLING

Maintenant qu'elles sont
massivement utilisées et distribuées, ces techniques engendrent de nouveaux
métiers, de nouveaux concepts, de nouvelles représentations du monde et de
nous-mêmes (Lire l'article sur le livre l'être et l'écran). L'orateur avait la
capacité de décrire des situations, d'engager, de faire comprendre. Puis
l'écrivain, et notamment le romancier, réussit à partager des histoires, des
univers entiers, et donc des concepts, des théories et des idéologies.
Aujourd'hui, de nouveaux métiers s'expérimentent, et bien sûr nous manquons de
mot pour en parler. S'appuyant sur la data-visualisation, la gamification,
la curation de connaissances, et le storytelling, des pionniers jettent les
bases d'une nouvelle forme de narration qu'ils testent et développent en
même temps. Ces méta-techniques permettent de rendre compte de problèmes
complexes à des collectifs, de les mettre en forme, de les partager, de mieux
en parler ensemble, et surtout, elles engendrent intrinsèquement le passage à l’action. 

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Les nouveaux dispositifs d’innovations collectifs

Rassembler un écosystème étendu, hétérogène, pluriel, avec de nombreuses contraintes industrielles et économiques, des histoires et des modes de pensées. Lui donner les conditions de se rencontrer, de se sentir en tant que groupe. Sans modifier les spécificités individuelles, lui permettre de faire émerger une conscience collective, une émanation du tout, à la fois supérieur à la somme des parties et inférieur. Accéder à une sensation d'holoptisme.

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Individuation, chacun reste expert d'un domaine et joue son rôle, et Reliance, capable d'écouter et ressentir le collectif pour ajuster son action individuelle pour maximiser le bien commun. Accompagner le collectif en l'inspirant, en l'alimentant de concepts, d'idées, de récits, d'histoires racontés par des passionnés dont le seul objectif est de transmettre le goût de l'action, les valeurs du beau-bon-vrai, et la reconnaissance des multiples richesses des projets et des personnes. Permettre à tous de s'engager. Intégralement.

Bien évidemment rien n'est écrit à l'avance, ni les objectifs, ni les chemins. Pour être en création, les pionniers du collectif deviennent sensitifs entre eux et avec l'équipe qui les accompagne. L'itération et l'adaptation sont permanentes, rien n'est figé. Le dispositif permettant de conduire ces mutations est complexe, au sens de "complexus, tisser ensemble" : Technique de narration d'une histoire et d'intervention basée sur TED, maîtrise des outils numériques et des réseaux sociaux, utilisation en temps réel d'outils de fouille de données et d'analyse sémantique, processus de créativité, mise en situation d'holoptisme d'un collectif, méditation et maintient des énergies dans le groupe pendant plusieurs jours. Le laisser se libérer de ces modes de pensées historiques, lui permettre d'inventer d'autres concepts, d'autres mots. Ne juger personne, et faire émerger une profonde et intégrale expérience d'humanité.

Nous sommes à la veille de dynamique collective inédite par leur capacité de penser en rupture. Des pionniers (CIRI, NodA, La FING, Gunther Sonnenfeld, P2P FoundationIn Principo, Colligence, …) sont en train d'inventer ces nouveaux dispositifs. Il ne tient qu'à vous, qu'à nous de les utiliser. 

Je suis les liens que je tisse avec d'autres. ", Albert Jacquard.

 

Nous échouerons probablement à faire muter notre système de mobilité

 

Tant de promesses annoncées, tant de
ruptures attendues (lire l'article sur les ruptures par Mc Kinsey), tant de changements étudiés et planifiés,
pourtant ne restent que congestions, temps perdus, pollutions et
gigantesques consommations de matières et d'énergies. Rien ne
montre aujourd'hui que nous (écosystème) avons compris les enjeux,
les menaces, et l'intégralité du système qu'il faut traiter, avons
perçu l'obligation de se former pour piloter les mutations. Nous
sommes figés dans un système de mobilité vieux d'un siècle conçu
pour aménager des territoires « vides » avec des
ressources illimitées, pas pour maximiser l'usage de ces dernières
et offrir de nouvelles expériences de mobilité, de rencontres, ou
de travail (lire l'article sur le paradoxe simplification pour l'utilisateur, complexification pour l'opérateur).

Mais plus que tout, nous sommes incapables de partager une, ou plusieurs, vision du futur crédible et souhaitable. La vision d'un constructeur, n'est pas celle d'une autorité organisatrice ou d'un opérateur de transport en commun, il n'y a pas de processus pour construire des visions collectives. Comme l'indique Jean-pierre Dupuy (lire l'article sur le catastrophisme éclairé), cette incapacité a pour conséquence de ne pas engager une dynamique créatrice permettant de faire réaliser ce futur, aujourd'hui virtuel. Selon la théorie du "catastrophisme éclairé", il faut être sûr d'aller à la catastrophe pour pouvoir l'éviter. Pour le moment, tout indique que le "Bootstrap" n'aura pas lieu. 

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