Archives du mot-clé cybercar

Imaginez un monde dans lequel plus personne ne possède de voiture

Le dernier article d'Eric Jaffe, the Atlantic Cities, met en perspective le développement des technologies de robotisation des véhicules couplé au développement des services de mobilité. Plusieurs articles des Transports du Futur (Google Car tout va plus vite que prévu, la révolution numérique, En supprimant le chaffeur le cybercar change profondement, le choc à venir) ont également dressé des perspectives similaires : les principales innovations portées par le cybercar ne sont dans l'objet mais dans les usages qu'il rendra possible. Les jeux d'acteurs et la chaîne de valeur seront bouleversés, intégralement. 

"It's a game-changer," says autonomous car researcher Alain L. Kornhauser of Princeton University. "What I think is going to happen is that nobody will own a car. … If you can get [mobility] by the drink, you won't buy the bottle."

Ceci doit être mis en parallèle avec la rapidité d'execution de Google dans le domaine. Ce n'est plus une question ou une option. Cet acteur arrive dans la mobilité (voir la vidéo Google History depuis Google Map, Google Now, Google hotel finder, Uber, Waze), dans la robotique (lire la fiction N°6 basée sur l'achat récent de 8 sociétés de robotiques), dans l'automobile (avec notamment open Automotive alliance). Il s'y emploie avec une énergie et une rapidité inédite.

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Et si la fiction facilitait le passage à l’action ?

Les fictions participent à assouplir nos imaginaires, à nous projeter, à faciliter la création. Ces futurs sont possibles car prolongeant des dynamiques actuelles, mais ils ne sont pas forcément souhaitables. Ces univers ont été conçus pour susciter la réaction, soit pour faire qu'ils se réalisent, soit le contraire. 

L'orateur avait la capacité de décrire des situations, d'engager, de faire comprendre. Puis l'écrivain, et notamment le romancier, réussit à partager des histoires, des univers entiers, et donc des concepts, des théories et des idéologies. Aujourd'hui, de nouveaux métiers s'expérimentent, et bien sûr nous manquons de mot pour en parler. S'appuyant sur la data-visualisation, la gamification, la curation de connaissances, et le storytelling, des pionniers jettent les bases d'une nouvelle forme de narration qu'ils testent et développent en même temps. Ces méta-techniques permettent de rendre compte de problèmes complexes à des collectifs, de les mettre en forme, de les partager, de mieux en parler ensemble, et surtout, elles engendrent intrinsèquement le passage à l’action.

Aujourd'hui ces fictions sont simplement "rédigées", il faudrait qu'elles soient multi-supports (film, jeux, musique…) pour immerger le lecteur "intégralement" dans un Univers complexe. Un jour peut-être.

[fiction N°1] Google Mobility Service, la mobilité vue par Google. Google Mobility Services n'existe pas encore mais progressivement se construit tous les modules permettant de le rendre réel …

[fiction N°2] L’avenir de l’énergie dans les transports, vu par Amazon. Amazon Energies Services domine la distribution de carburant … 

[fiction N°3] La surveillance structure nos pratiques de mobilité. Et si les techniques de surveillance conditionnaient nos mobilités quotidiennes ? Bien sûr à chaque technique de surveillance apparaît une technique de camouflage … 

[fiction N°4] l'Alliance des Glass et des cybercars avait tout changé. Et si les Glass avaient la capacité à produire des flux de données "publiques et partagées" permettant en complément des cartes d'alimenter en connaissances fraîches les véhicules robots ? Ces deux techniques ont donné naissance à l'Alliance.

Quelles sont les vôtres ?

Un cygne noir a été vu dans la Silicon Valley, Tesla et Google vont lui donner un nom

Elon Musk annonce proposer des voitures autonomes d'ici 3 ans. Fondé en 2003 (10 petites années), Tesla conçoit, fabrique (voir l'usine) et vends des voitures électriques à plus de 70.000$, ainsi que les infrastructures de charge (et ). En s'associant, dans quelques années, avec Google (fiction), il incarne le cygne noir (lire un article de 2009 toujours d'actualité Qui sera le prochain cygne noir ?). Des articles fictions ont été rédigés sur le rachat de Tesla par Google, ou la mise en oeuvre d'une Alliance.

Théorisé par Nassim Nicholas Taleb (auteur du livre – le Cygne Noir), le cygne noir se caractérise par : aucun signe prévisible de son arrivée, fort impact pour les acteurs du domaine, très facile à expliquer mais "après" pour permettre à tous de faire comme avant. Plusieurs articles ont été écrits sur les voitures autonomes et les conséquences pour les acteurs historiques et surtout pour les citoyens, les entreprises (lire un extrait des articles). Déjà Tesla est présent dans le projet 100 pour concevoir des services de mobilité à haute expérience.

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Robotisation, automatisation des véhicules en 2020. Qui sera le Patagonia de l’automobile ?

Patagonia expérimente le futur de l'automobile (lire les MétaNotes N°14 L'avenir de l'automobile). La marque propose à ses clients de moins consommer, de moins acheter ses produits, de les réparer, de les échanger.   

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Pur marketing pour certains, tout simplement une question de survie pour d'autres. Ayant compris que rapidement, l'entreprise devra s'organiser pour proposer des produits "beauxbons et vrais" (lire l'origine du concept), Patagonia préfigure sans doute l'avenir du commerce de biens industriels. avec l'arrivée promise de nouveaux types de véhicules autonomes, les chaînes de valeur des mobilités vont être bouleversées ouvrant d'immenses opportunités et de grands risques.

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Google Mobility : In the race to get you around cities with a smartphone and a credit-card

La voiture autonome, ce n'est pas pour demain. Trop compliqué, trop cher. Trop de problème juridique à régler. Et puis pourquoi faire ? L'automobile est déjà, en soi, un objet complexe, pourquoi vouloir augmenter encore le niveau de complexité (lire Qui est prêt pour augmenter le niveau de complexité ?) ? Pour quels bénéfices et surtout, pour qui ? Automatisée, oui, Autonome, non. Tel pourrait être le résumé de la bataille qui s'engage dès aujourd'hui. Un scénario fiction avait été rédigé en juillet 2011. Appelé Google Mobility Service, il est en train de se réaliser, dès aujourd'hui.

Pour Daimler, le lancement de sa classe S montre clairement la voie. L'automatisation du véhicule n'est pas une option. C'est un impératif compétitif. La classe S possède de nombreuses fonctions d'automatisation (lire Et si c'était déjà cybercar ?). Ces technologies vont progressivement équiper de plus en plus de véhicules par un mécanisme classique de réduction des coûts par des effets sur les volumes. Comme nous l'avons vu, ces techniques d'assistance vont participer à la création d'une nouvelle perception de l'automobile et du territoire (lire MétaNote 17 la révolution numérique et la fin de l'automobile). Progressivement, l'automatisation sera acceptée puis recherchée. Ne pas l'avoir sera impensable. Mais le passage de l'automatisation à la robotisation est bien un saut discret au sens mathématique. Pour le moment, aucun constructeur n'a d'intérêt à robotiser un véhicule. Le conducteur doit rester, pour garder la propriété de l'objet.

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En supprimant quasiment la matière pour ne garder que les flux et les renverser, les Glass avaient tout changé et l’Alliance était née

Ce texte (comme deux précédents : Amazon Energy Service et Google Mobility Service) est une pure fiction. Il ne vise qu'à faciliter la projection pour mieux agir, aujourd'hui.

Bienvenue en 2033.

La précédente génération de capteur ne produisait que des données de géolocalisation espace -temps couplées à des mesures d'ambiance très simples, essentiellement des densités de personnes. L'Alliance avait alors notamment développé des services de prédiction de trafic sur la plupart des routes et des solutions "business oriented" remplaçant les enquêtes ménages déplacement. En supprimant la matière (clavier, souris, puis écran), l'interaction homme-machine et l'indexation du monde réel avaient franchi un cap à partir des années 2015 quand les Glass avaient commencé à se diffuser à grande échelle.

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De Jacques Ellul à Ray Kurzweil, les techniques visant à rendre les machines autonomes vont se diffuser

L'automatisation des machines dont les automobiles n'est pas un sujet nouveau. Il s'inscrit dans une tendance de fond des Techniques, au sens large. Les opportunités ont déjà été identifiées dans plusieurs articles. Les risques issus de l'intelligence des machines sont tout aussi essentiels à connaître.

Dans une œuvre Le système technicien, Jacques ELLUL décrivait en 1977 les principales tendances majeures de notre société en plaçant la Technique au centre, en étudiant le système des relations entre les techniques. Pour J.ELLUL, la Technique  était en train de devenir un système autonome vis-à-vis de l’homme ; nous devenons obligés non plus uniquement de l’utiliser mais de vivre avec et à travers, modifiant à la fois notre « milieu », mais également l’organisation humaine et notre société en général. « La Technique est milieu de vie non seulement par le fait qu’elle exclut le rapport direct avec les éléments naturels ou qu’elle modifie ceux qui subsistent (l’eau, l’air) ou que l’environnement de l’homme n’est plus fait que d’objets techniques, mais encore par le fait qu’elle intervient directement sur la vie de l’homme et lui demande des adaptations comparables à celles qu’avait exigées primitivement le milieu ».

J.ELLUL différenciait la science de la technique : « pour la Science : pour celle-ci il est important de chercher par exemple la date de la découverte scientifique elle-même, le contexte intellectuel dans lequel elle se situe, etc. Mais pour la technique, ce qui compte ce n’est ni l’invention elle-même ni l’application en laboratoire : c’est la diffusion, c’est l’application adressée à la grande consommation. »

Aujourd’hui il apparaît évident que la théorie de J.ELLUL s’applique parfaitement. Le numérique est en train de tisser de nouveaux liens dans ce système technique. J.ELLUL avait identifié « l’ordinateur » comme futur pièce maîtresse. Peu écouté en France, sa théorie a surtout été étudiée aux Etats-Unis. En reprenant ci-dessous plusieurs extraits de son œuvre, une passerelle sera proposée avec le concept de Singularité Technologique forgée dans les années 1960 et venu de l’Intelligence Artificielle. D’autres citations sont disponibles sur ce lien.

En effet, si J.ELLUL démontrait les nombreux risques du système Technicien, il gardait un espoir : que l’Homme arrive à garder une certaine distance, voire une maîtrise des techniques de ce système qu’il a créé au départ mais qui maintenant se développe sans but. Et il avait identifié le principal danger : que le système devienne clôt, bouclé sur lui-même en trouvant lui-même une finalité sans intervention de l’Homme, et en utilisant des nouvelles techniques lui permettant de se développer. Récemment Ray Kurzweil, un des pionniers de l’Intelligence Artificielle aux Etats-Unis, vient de fonder une Université pour former des ingénieurs au concept de la Singularité Technologique. Pour R.Kurweil, les Techniques vont d’ici quelques dizaines d’années fusionner (nano-bio-numérique), faire système intégré, et se répliquer. J.ELLUL l’avait prévu comme la possibilité « dangereuse et aliénante ».

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