Archives du mot-clé numérique

MétaNote 17 – La révolution numérique et la fin de l’automobile

De nombreux articles de ce blog ont déjà présenté les conséquences visibles liées aux développements des techniques numériques, tant au niveau de l'offre de transports (de nouveaux services de mobilités, de nouvelles informations multimodales, …) qu'au niveau de notre connaissance de la demande (utilisation des traces numériques, nouvelles formes d'enquêtes ménages déplacements, participation des usagers à la création de données, …). Ces évolutions du "premier niveau" bouleversent déjà un écosystème entier tant les modèles d'affaires, les positions client/vendeur, les expériences de mobilité sont modifiées en profondeur. Des acteurs et des techniques d'une dizaine d'années à peine bousculent des chaînes de valeur établies.

Pourtant le numérique va nous faire vivre une mutation encore plus grande, plus profonde. Michel Serres nous aide en apportant un regard précieux issu de notre Histoire. Il avait dès les années 1960 décrit ce que nous sommes en train de vivre. Après l'invention de l'écriture puis de l'imprimerie, le monde numérique est bien la 3ème évolution de notre espèce. Ni plus ni moins que de nouvelles façons de voir le monde, de voir nos territoires, de nous voir nous-mêmes. De nouvelles formes de conscience de notre être, de notre physique, de notre espèce. 

La structure de la révolution numérique

La thèse de Stéphane Vial, la structure de la révolution numérique, raconte tout cela. Elle se parcourt comme arriveront les prochaines mutations : vite. D'autres, comme Jean-françois Noubel, Pierre Lévy ou encore Theilard de Chardin ont construit des pédogogies de ces phénomènes. Tous arrivent à la même conclusion. La noosphère se crée, vieille de quelques années, elle commence déjà à modifier nos représentations du réel, du virtuel, de nous-mêmes, et finalement nos modes de pensées. Ces évolutions inédites vont bien sûr impactées (elles impactent déjà) nos mobilités, nos perceptions des territoires, nos modes de consommation, nos outils de production industriels. Plongeons dans ce "nouveau"monde qui est.

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Vers l’économie des plate-formes : nouvelle étude du PIPAME sur la location de biens et services

Après une étude essentielle sur les mutations du secteur automobile (toujours d'actualité), le PIPAME propose un rapport "Étude sur la location de biens et services innovants :
nouvelles offres, nouveaux opérateurs, nouveaux modèles économiques ?".

L'économie des plate-formes rendue possible par le numérique est presentée, soulignant cette transition majeure en cours. Ceci rejoint le précédent article VW XL1 n'est pas une innovation. Il manque la plateforme (numérique) qui va avec ainsi que celui portant sur la multitude.

Le rapport complet et le résumé :

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Les transports à l’âge de la multitude

Depuis 20 ans, le
numérique s'insère partout et ce n'est que le début.

Que les industriels
« historiques » le veuillent ou pas. De nouvelles
industries, vieilles de quelques années, sont en train d'inventer de
nouvelles règles, de nouvelles lois, de nouveaux modèles
d'affaires. Elles n'ont pas les mêmes "pas de temps" d'innovations.
Elles bousculent maintenant tous les secteurs et dégagent des
profits colossaux. Elles conçoivent des produits et services qui
modifient profondément nos modes de vies, qui s'insinuent au plus
près de notre intimité. En utilisant massivement nos traces
numériques, elles ont réussi ce que toute industrie a toujours
rếvé : faire participer en continu les clients à la
conception et la mise au point des produits ou services sans aucune
rémunération. Amazon annonce que 40 % des ventes sont
réalisées à partir des propositions du moteur numérique qui est
lui-même alimentés à partir des commentaires, achats des clients
eux-mêmes. Le numérique permet également d'inclure toutes les
innovations externes si on est capable de les collecter, de les
aspirer et d'une certaine façon de séduire. Quand on ajoute à cela, des progressions géométriques des
capacités de calcul ou des baisses de prix, nous sommes bien en
présence d'un changement tout à fait inédit qui va progressivement
impliquer 7 milliards d'humains. Le livre l'âge de la multitude de MM.Colin et Verdier étudie particulièrement ce phénomène (voir mes notes et extraits). 

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Les Enquêtes Ménages Déplacements devront évoluer, et nous ferons (beaucoup) mieux …

Jusqu'à présent, ces enquêtes ménages déplacements nous ont permis de connaître les mobilités des citoyens aux niveaux local et national, ou plutôt d'essayer de les connaître en les approchant par des méthodes statistiques. Ce besoin de comprendre le "tout" à partir de la somme des individus est essentielle, nous y reviendrons. Utilisant notamment des questionnaires et des échanges téléphoniques, elles ont progressivement construit une base de connaissance, identifier les paramètres influents sur nos choix modaux par exemple. Trois évolutions vont conduire à leur disparition dans leur état actuel. Non pas qu'elles soient inutiles, bien au contraire nous avons besoin de mieux, beaucoup mieux, comprendre, connaître les mobilités réellement pratiquées sur nos tous nos territoires, mais nous pouvons aujourd'hui faire mieux, beaucoup mieux.

Les trois conditions, aujourd'hui rassemblées, sont :

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Pour une approche culturelle de la mobilité numérique

Le numérique change nos vies. Il influence, notamment, nos façons de nous déplacer, d'appréhender les territoires. Le monde virtuel limité, il y a peu, à la connaissance, s'étend dans tous les domaines. Il arrive dans les objets en leur reliant entre eux avec le tout. Le "tissage", déjà abordé dans plusieurs articles précédents (l'exemple d'Ingress, le logiciel), entre l'objet et le logiciel, se poursuit construisant un monde nouveau avec de nouvelles règles, de nouveaux modèles d'affaires. Déjà, plusieurs entreprises ont investi ces territoires vierges, elles y inventent -seules- leur loi, leur vision du monde.

Pour penser ces territoires "virtuels", il n'y a pas d'autres moyens que d'y aller vraiment, de les vivre, de les explorer. Nous n'allons plus sur internet, nous sommes soit dedans, soit dehors, soit connecté, soit déconnecté. Comprendre les mouvements actuels et penser l'avenir, nécessite alors une approche culturelle. En effet, le vocabulaire que nous utilisons pour en parler est bien pauvre. Ce monde virtuel est bien réel pour ceux qui le pratique. Comment y expliciter les nouveaux concepts sans aide philosophique ?

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Le numérique change les modes de production des objets et potentiellement nos relations à ces objets

Nous sommes en train d’entrer dans une nouvelle ère concernant la production des objets qui nous entourent. Si nous modifions les modes de production, la logistique et les flux seront entièrement changés, et plus important encore, nos relations à ces objets pourront être très différentes.

Après avoir fait entrer le numérique dans le marketing, la conception et les outils de production centralisés, ce dernier pourrait jouer un rôle majeur dans de nouvelles façons de produire des composants puis des objets de façon décentralisée. Ce nouveau mode de production permettra de modifier profondément nos relations aux objets ou bien, à l’inverse, renforcera la production à la demande, le juste à temps, l’obsolescence programmée en inventant de nouveaux canaux de distribution au plus du consommateur. Encore une fois, les technologies ne sont qu’un moyen nous permettant de changer notre environnement, notre relation aux matières premières et aux autres, de comprendre nos dépendances et nos fragilités.

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La logistique du futur

Le transport de marchandises est le reflet visible de notre mode de vie. Nous sommes ce que nous achetons, ce que nous mangeons. Nous partirons de deux citations de A.Tocqueville et A.Smith pour tenter de comprendre les tendances de fond dans le domaine de la logistique pour les poursuivre en intégrant des innovations venant du numérique.

Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. Tocqueville, De la démocratie en Amérique 1835.

 « Peu importe que les autres convoitent ce qui ne mérite pas d’être convoité, ce qui compte c’est le regard de convoitise lui-même. C’est de ce regard que, sans le savoir, chacun est friand ». Reprenant un des pères de l'économie, Adam Smith, et son ouvrage Théorie des sentiments moraux, J-P.Dupuy, dans l’avenir de l’économie, nous rappelle que les agents économiques (nous) croient poursuivre l'utilité (bien être matériel), mais en fait, ils recherchent « le regard des autres », l'approbation. Ce « mensonge collectif à soi-même » est profond, d'autant plus que les agents sont dans l’opacité sur leurs propres motivations et sur celles des autres.

Notre consommation de biens matériels semble être une tendance de fond bâtie sur l’individualisme et un mensonge collectif à soi-même, tout en essayant de réduire les impacts collectifs. Pour répondre à ce « besoin », des professionnels ont développé et industrialisé des processus complexes permettant aux matières premières, puis aux produits intermédiaires et finis, de parcourir des procédés de fabrications industriels devenus mondiaux pour arriver aux bons destinataires. La logistique rassemble ces processus. Quelles évolutions peut-on attendre ?

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