Archives du mot-clé surveillance

Et si la fiction facilitait le passage à l’action ?

Les fictions participent à assouplir nos imaginaires, à nous projeter, à faciliter la création. Ces futurs sont possibles car prolongeant des dynamiques actuelles, mais ils ne sont pas forcément souhaitables. Ces univers ont été conçus pour susciter la réaction, soit pour faire qu'ils se réalisent, soit le contraire. 

L'orateur avait la capacité de décrire des situations, d'engager, de faire comprendre. Puis l'écrivain, et notamment le romancier, réussit à partager des histoires, des univers entiers, et donc des concepts, des théories et des idéologies. Aujourd'hui, de nouveaux métiers s'expérimentent, et bien sûr nous manquons de mot pour en parler. S'appuyant sur la data-visualisation, la gamification, la curation de connaissances, et le storytelling, des pionniers jettent les bases d'une nouvelle forme de narration qu'ils testent et développent en même temps. Ces méta-techniques permettent de rendre compte de problèmes complexes à des collectifs, de les mettre en forme, de les partager, de mieux en parler ensemble, et surtout, elles engendrent intrinsèquement le passage à l’action.

Aujourd'hui ces fictions sont simplement "rédigées", il faudrait qu'elles soient multi-supports (film, jeux, musique…) pour immerger le lecteur "intégralement" dans un Univers complexe. Un jour peut-être.

[fiction N°1] Google Mobility Service, la mobilité vue par Google. Google Mobility Services n'existe pas encore mais progressivement se construit tous les modules permettant de le rendre réel …

[fiction N°2] L’avenir de l’énergie dans les transports, vu par Amazon. Amazon Energies Services domine la distribution de carburant … 

[fiction N°3] La surveillance structure nos pratiques de mobilité. Et si les techniques de surveillance conditionnaient nos mobilités quotidiennes ? Bien sûr à chaque technique de surveillance apparaît une technique de camouflage … 

[fiction N°4] l'Alliance des Glass et des cybercars avait tout changé. Et si les Glass avaient la capacité à produire des flux de données "publiques et partagées" permettant en complément des cartes d'alimenter en connaissances fraîches les véhicules robots ? Ces deux techniques ont donné naissance à l'Alliance.

Quelles sont les vôtres ?

Les technologies de surveillance vont structurer nos pratiques de mobilités

L'étape N°2 s'enclenche déjà. Après avoir permis de créer de nouveaux usages de l'automobile comme l'autopartage, le covoiturage, le taxi partagé, … , le numérique est en train de les fusionner pour proposer Carjump en Allemagne ou Carsonar en France. Ces "moteurs de recherche d'automobiles partagées" vont devenir rapidement des moteurs de recherche de mobilité. L'iMaaS (lire Et si c'est les jeux étaient déjà faits ? l'iMaaS arrive) est finalement déjà là.

CarJump agrège déjà les offres de Car2Go, DriveNow et Multicity. Il se place "au dessus" de Daimler, BMW et Citroën. Rajouter tous les autres modes, et CarJump devient votre fournisseur de mobilité. Votre perception du réel et vos pratiques de mobilités sont alors bouleversées par ce dispositif. Pratiquer la mobilité avec CarJump et votre matrice ontophanique (lire la MétaNote 17 la révolution numérique et la fin de l'automobile) n'est assurement pas celle de vos parents.

Lire la suite

MétaNote TdF 3, La surveillance – reloaded

La précédente MétaNote Tdf N°3 portant sur le sujet a été rédigée il y a 3 ans (déjà !). Les tendances identifiées se réalisent toutes, et elles s'accélèrent. Automatisation et Robotisation des radars de contrôle dont les drones, utilisation des technologies numériques nomades pour tracer et apprendre les pratiques réelles notamment dans les transports, industrialisation de ces technologies fusionnées avec nos vêtements-nos lunettes-nos montres …

Et si les techniques de surveillance et les acteurs associés structuraient les Transports du Futur et notamment les pratiques et les comportements ?

Avec l'effondrement des prix des technologies, les "besoins" de sécurité et de contrôle, tous les éléments s'assemblent pour amener à l'hypersurveillance décrite par Jacques Attali dans son livre Une brève histoire de l'avenir. Les faits sont les suivants.

Lire la suite

Et si le vélo reprenait sa place dans la bataille de la route

Arnaud Passalacqua indique dans son ouvrage La Bataille de la route que la principale stratégie consiste effectivement à s'assurer un territoire rigide et bien à soi. Donc à abandonner ce qui caractérise les systèmes de mobilité : leur souplesse. Ce livre intéressant propose une plongée dans le monde violent de la mobilité, sur tous les territoires. Enjeu de la bataille, l'espace public, voit se nouer alliances et oppositions entre les modes de transport.

L'espace public est bien une zone de combat pour ceux qui sont minoritaires en nombre et en masse : vélo, 2 roues motorisés. L'espèce principale, le véhicule à quatre roues, a façonné les voiries. Même si sa place est en réduction dans certaines villes, elle reste largement dominante. Pourtant des signaux faibles indiquent qu'un renversement est possible. Il partira des cyclistes eux-mêmes, ne demandera pas d'infrastructure et trouvera auprès des assurances un formidable allié.

Lire la suite

L’accès à de nouvelles données, risques et opportunités

Cet article de Forbes détaille les évolutions de comportement des compagnies d’assurances américaines induits par le numérique et la disponibilité de larges quantités de données concernant les consommateurs. Ce point lié aux questions de la surveillance a déjà été abordé dans des articles précédents (métaNote sur la surveillance et article sur l’origine des assurances). Il s’agit, dans cet exemple, du lien entre alimentation et santé, entre aliments peu recommandables car nocifs pour la santé et coûts financiers des conséquences de ces « choix » alimentaires. L’exemple est saisissant : les compagnies d’assurances utilisent de plus en plus les informations contenues dans les cartes de fidélité des magasins de grandes distributions pour apprendre, identifier et suivre les consommateurs selon leurs pratiques.

Bonus/Malus généralisé ?

Les conséquences de « choix » individuels alimentaires étant en partie collectif par les coûts engendrés en matière de santé publique, les assureurs cherchent à mieux connaître les pratiques pour instaurer à l’image de la sécurité routière des principes de bonus/malus. Pour cela, de nouveaux liens s’instaurent avec d’autres sociétés comme la grande distribution pour accéder aux données permettant de comprendre, d’augmenter son savoir, d’établir des outils de suivi et d’analyse. Le mot autorité signifie « savoir augmenté », tout se joue donc bien dans l’accès à de nombreuses données dans des domaines variés pour construire de nouveaux savoirs.

Le président de l’entreprise de data mining qui développe les outils d’analyse indique que lui-même, fait déjà attention et n’achète plus de sucrerie avec sa carte mais uniquement en liquide.

Mais ces pratiques ouvrent, pour tous les domaines dont les transports et la mobilité, de nombreux risques. Les données liées à mes pratiques ne m’appartiennent-elles pas ? Ne devrait-on comme en Angleterre (my data) et récemment en France (la Fing avec mes infos) à minima avoir accès à toutes les données nous concernant posséder par les entreprises ? Qui établira les règles de bonus/malus ? Sur la base de quels paramètres ?

Tout est à inventer …

Alors que le numérique et le « data deluge » ouvrent des opportunités sans précédent pour, collectivement, construire de nouveaux outils pour améliorer nos pratiques et augmenter l’intelligence collective, ce type d’exemple risque de condamner ces possibilités. Accéder à ces nouveaux savoirs sera à la fois indispensable pour être plus résilient et plus efficient, mais cela nécessite également d’inventer en même temps de nouvelles règles, de nouvelles lois, pour réduire au maximum les risques.

Les drones aériens arrivent …

Après sa démonstration sur un drone terrestre roulant (voir ici), Google utilise des drones aériens pour élaborer les cartes 3D et améliorer Google map.

S1.reutersmedia.net
L'arrivée de robot pour créer les données stratégiques alimentant d'autres robots numériques étaient prévisibles (article rédigé fin 2010). Les risques sont nombreux et clairement listés dans ce document ci dessous.

Lire la suite

MétaNote TdF 3, La surveillance

En matière de transport, la surveillance s'exprime aujourd'hui essentiellement par le biais des contrôles de vitesse qui, par l'automatisation, ont pu se développer rapidement ces dernières années. Ainsi depuis 2003, la France a mis en place un système de contrôle automatisé de la vitesse sur les routes qui jalonnent son territoire, principalement dans le but de renforcer la sécurité routière et de réduire ainsi le coût, à la fois humain et économique, des accidents de la route. Il est évident que cette mesure a largement participé à la baisse considérable du nombre de morts sur les routes françaises (inférieur à 5 000 en 2007 alors qu'il dépassait 10 000 à la fin des années 1980).

Mais l'automatisation des contrôles de vitesse préfigure peut-être également diverses évolutions dans les activités de police de la route, que Laurent Carnis analyse dans un article (voir ici). Après un rappel des enjeux de sécurité routière auxquels répond cette automatisation, l'auteur présente les développements en cours ou prévus en matière de contrôle-sanction automatique des automobilistes. S'appuyant sur diverses comparaisons internationales (Grande-Bretagne, Australie), il montre ensuite quelles pourraient être les prochaines étapes : automatisation généralisée des contrôles de vitesse, de respect des feux rouges, des interdistances, etc., renforçant encore l'étendue de la surveillance des automobilistes.

Lire la suite